Chirurgie du syndrome de traction vitréo-maculaire et du trou maculaire

Parmi les pathologies pouvant toucher la macula, le trou maculaire est une entité tout à fait à part. Ce type de lésion va se développer suite à une traction du gel vitréen sur le centre de la vision fine : la macula. C’est ce que l’on appelle une traction vitréo-maculaire. Le développement d’un trou maculaire passera donc d’abord par un stade de traction vitréo-maculaire (ou syndrome de traction vitréo-maculaire, de durée plus ou moins longue) avant de mener à un trou maculaire.

Dans chacun des cas, les patients se plaignent de déformation des lignes (métamorphopsies) et de baisse de la vision, comme dans toute pathologie maculaire.

Lorsque nous sommes encore au stade du syndrome de traction vitréo-maculaire, la surveillance s’impose car ce phénomène peut naturellement se résoudre sans causer le moindre problème dans un nombre non négligeable de cas. Cependant, si l’acuité visuelle venait à baisser de façon importante dans le cadre d’une attache maculaire large, une intervention peut être nécessaire afin de venir relâcher cette traction et éviter une perte de vision définitive. Cette décision sera à discuter avec le chirurgien pour en comprendre parfaitement les causes, les modalités et les risques.

Un syndrome de traction vitréo-maculaire peut provoquer une traction importante sur la macula, comme on le constate bien sur ces images.
Lorsque cette traction vitréomaculaire aura été trop forte, un trou maculaire de pleine épaisseur peut apparaître et différents stades de trous maculaires existent ; certains pouvant encore s’améliorer spontanément, d’autres requérants d’emblée une chirurgie.

Certains trous maculaires de petite taille pourront se résoudre spontanément et ne nécessiteront donc aucune chirurgie. Ils passent souvent inaperçu auprès des patients, raison pour laquelle ils ne présentent qu’une faible proportion des consultations d’ophtalmologie.
Cependant, dans la majorité des cas, le trou maculaire est déjà de grande taille et ne disparaitra pas spontanément. Une chirurgie est alors nécessaire.
Cette chirurgie consistera en une vitrectomie afin de remplacer le gel vitréen par un sérum physiologique adapté à l’œil et ainsi aborder la membrane limitante interne (ou ILM) à la surface de la rétine qui sera délicatement retirée à la pince. Le détachement de l’ILM va permettre de stimuler les cellules sous-jacentes de la rétine à organiser une cicatrisation. Cependant, une bulle de gaz devra être injectée (sauf en cas de soucis posturaux), afin d’encourager la bonne cicatrisation et la bonne fermeture du trou maculaire. Cette bulle de gaz nécessitera d’adopter une position délicate, couché sur le ventre, durant 4 à 7 jours, afin d’aider à la bonne cicatrisation oculaire et cette bulle restera en moyenne une dizaine de jours dans l’œil avant de disparaître naturellement.

Pour information, les injections d’Ocriplasmine (Jetrea), qui ont durant 2-3 ans été proposées comme alternative thérapeutique, restent encore informelles dans le monde vu le nombre de publications montrant des effets secondaires non négligeables, parfois sérieux, la restriction progressive des indications et la faible efficacité du produit. Pour ces diverses raisons, ce produit n’a jamais été utilisé par notre équipe.

Cependant, comme démontré lors de l’étude rétrospective de l’EVRS sur les trous maculaires, une prise en charge rapide des trous maculaires est primordiale pour espérer une bonne récupération visuelle et il vous est recommandé de vous manifester dans les plus brefs délais pour obtenir un rendez-vous chez un chirurgien vitréorétinien si un diagnostic de trou maculaire a été posé chez vous.